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Evénement du 24/06/12 au 09/09/12
Musée du dessin et de l’estampe originale de Gravelines

Jaume Plensa, 2000-2011

Dans le cadre du projet interrégional Dessiner-Tracer, le musée de Gravelines propose une exposition sur l'oeuvre de Jaume Plensa.

Chaque être humain est un « lieu ». Chaque femme, homme, enfant, chaque vieillard est un espace habitable en soi qui se déplace et se développe (…) Chaque fois qu’un être humain meurt, une maison se ferme, on perd un « lieu ». Mon œuvre est leur mémoire. La fixation congelée de tant de corps qui se développent et disparaissent dans la fugacité de la lumière. Mon œuvre est leur volume.
Jaume Plensa

En héritier de la formule de l’ethnologue malien Amadou Hampaté Bâ auteur de la célèbre formule « en Afrique, un vieillard qui meurt est une bibliothèque qui brûle », l’œuvre de Jaume Plensa (1955-Barcelone) est traversée depuis toujours par un sujet fondamental : le corps. Dans cette perspective, le corps du vieillard africain se fait le réceptacle d’une connaissance incarnée. L’interprétation littérale de cette métaphore conduit à se représenter mentalement un corps plein d’une infinité de lettres, de mots et de signes entrant en résonnance les uns avec les autres. Cet ensemble agencé et fragile, constitue l’accumulation de connaissances corporellement intégrées par le corps du vieillard.

Tout le travail de Jaume Plensa depuis une dizaine d’années s’articule autour de la relation langage/corps. Artiste mondialement réputé pour sa sculpture, notamment grâce à ses nombreuses commandes publiques, Jaume Plensa a également construit une œuvre sur papier extrêmement riche, ouvrant des pistes tant dans la gravure, le dessin, la photographie et le collage. L’exposition du musée du dessin et de l’estampe originale de Gravelines présente ses œuvres récentes couvrant la période 2000-2011. Les dimensions des œuvres s’agrandissent. La monumentalité renforce un sentiment qui tend les œuvres à l’universalité. Les feuilles sont fragiles, légères, translucides, souvent assemblées entre elles. Il travaille à l’encre, au cirage, à la peinture aérosol, fait des empreintes, intègrent des photographies… Il consigne des visages, des regards, des sourires, des corps. Il juxtapose, superpose, met en relation les mots, les visages et les corps, additionnant le pouvoir des images et le pouvoir des mots. Dans cette galerie, Plensa expose indifféremment hommes, femmes et personnes venant de groupes ethniques différents. Au-delà de la représentation du portrait par définition singulier, la personne devient le héraut d’une communauté de personnes, voire de l’ensemble de la communauté humaine. Les phrases sonnent parfois comme des engagements politiques en faveur de valeurs universelles. La proximité des visages avec les mots élève la personne au statut de porte-parole. D’autres suggèrent des interrogations propres à une méditation philosophique. Les œuvres de ces dernières années sont une mise en question permanente de la relation du langage et du corps : ils s’éclipsent, se fondent, se révèlent, se définissent ou se heurtent. Plensa se joue des phénomènes d’identification. Il construit une œuvre qui a avoir avec une mémoire collective qui se conjugue au présent.

Gravelines, Musée du Dessin et de l'Estampe Originale