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Installé depuis 1958 dans l'ancien couvent des chartreux, le musée est composé de plusieurs bâtiments : l'hôtel d'Abancourt (1559) et l'aile édifiée par la famille de Montmorency (1608), dominée par une haute tour carrée. Ces deux façades de style Renaissance flamande, alliant la pierre et la brique, sont rythmées par des fenêtres à meneaux, surmontées de frontons, alternativement triangulaires ou cintrés. En 1659, afin d'y établir leur couvent, les chartreux construisirent, suivant les plans imposés par la règle de saint Bruno, un petit cloître, un réfectoire, une salle capitulaire, un grand cloître et l'église, de style classique, terminée en 1722. Ces nouvelles constructions sont reliées aux parties anciennes par "le logis des hôtes" (1690), dont les ancrages à fleur de lys rappellent que la ville était française lors de l'édification.
Le musée de la Chartreuse a été constitué à partir des œuvres saisies dans les églises et les monastères (Polyptyque d'Anchin par Jean Bellegambe). Celles-ci ont été entreposées dans l'église des dominicains et inventoriées par le peintre local Charles-André Caullet.
Au cours du 19e siècle, les collections s'enrichissent et se diversifient : le sculpteur Théophile Bra donne en 1852 son fonds d'atelier, comprenant statues, esquisses et dessins; le docteur Escallier lègue en 1857 un ensemble de 176 tableaux flamands et hollandais; Foucques de Wagnonville fait don de sa collection réunie en Italie; Jean-Baptiste Fortier laisse une somme d'argent qui permet d'acheter des œuvres de Véronèse, Rubens ou Courbet.
A ces dons et legs s'ajoutent des acquisitions de choix, primées dans les salons des Amis des arts de Douai, des achats effectués dans des ventes et des dépôts de l'Etat : le Maître de la Manne, Corot.
Le musée fut durement touché par les destructions des deux guerres mondiales, notamment en 1944, lorsque les bâtiments et les collections des sections d'ethnographie et d'histoire naturelle furent détruites au cours d'un bombardement : des sculptures et des objets d'art disparurent dans l'incendie.
Le rez-de-chaussée propose des peintres primitifs espagnols, italiens, flamands et hollandais (Vierge à l'Enfant, attribuée au Maître de Flémalle, et deux panneaux, la Crucifixion et la Récolte de la manne par le Maître de la Manne, exécutés à la fin du 15e siècle). Les chefs-d'oeuvre du style gothique tardif sont présentés dans le réfectoire (la Vierge protectrice des cisterciens et le Polyptyque d'Anchin, deux peintures du Douaisien Jean Bellegambe).
Dans ce bel espace voûté est exposé un autre exemple de polyptyque à transformation que Jan Van Scorel réalisa pour l'abbaye de Marchiennes, dans le style maniériste caractéristique des années 1540. Une Vierge de l'Annonciation évoque l'art des sculpteurs actifs à Nuremberg dans l'entourage de Veit Stoss (16e siècle).
La chapelle des Chartreux propose dans la vaste nef un parcours à travers la sculpture du 19e siècle. De l'esthétique néo-classique et romantique au réalisme, la collection retrace l'évolution de la sculpture à travers le mysticisme de Bra, la grâce de Cordier, la fougue de Carpeaux, la virtuosité de Carrier-Belleuse, la puissance de Rodin ou l’expressionnisme de Meunier.
Cinq chapelles latérales sont consacrées aux objets d'art dans une présentation chronologique du Moyen-Age au 19e siècle : orfèvrerie et émaux limousins, albâtres anglais, bronzes de la Renaissance, esquisses de Jean Bologne, verrerie et faïence fine et argenterie de Douai
La visite s'achève par le petit cloître et la salle capitulaire où sont organisées des expositions temporaires.
Le réfectoire des Chartreux présente une nouvelle muséographie réalisée par Jérôme Habersetzer, écrin de choix pour les œuvres majeures que sont le Polyptyque d’Anchin et le Triptyque de l’Immaculée Conception de Jean Bellegambe, mais également pour la statuaire flamande des 17e et 16e siècles.
Située exactement au centre du cloître [du musée de la Chartreuse], la cabane joue avec l'architecture et la dédouble... Les miroirs s'effacent visuellement pour refléter le bâtiment qui semble s'y prolonger, la couleur rouge paraît se découper et flotter, libre dans l'espace.' (A. Boisnard, 2000)
Dans le cadre de l’exposition en réseau « Dessiner-Tracer », le musée de la Chartreuse présente une exposition organisée par l’École nationale supérieure des Beaux-Arts, qui dévoile au public les chefs-d’œuvre baroques flamands de son fonds de dessins. Ces derniers sont issus de la collection Jean Masson, donnée en 1925 à l’Ecole et sont de la main des dessinateurs les plus prestigieux du XVIIe siècle : Pierre-Paul Rubens, Anton Van Dyck (ci-contre), Jacob Jordaens mais aussi de leurs proches collaborateurs comme Abraham van Diepenbeck, Pieter Soutman et Theodor Van Thulden.
Découvrez également un aperçu du fonds de dessins du musée en consultant la base Musenor. >>>
Chaque dimanche, une visite-conférence est proposée de 10H00 à 11H30 (pour les expositions temporaires) et de 16H00 à 17H30 (pour les collections permanentes).
Les premiers dimanches de chaque mois, ces visites sont gratuites.
Il est possible d’organiser des visites-conférences thématiques sur les expositions temporaires et les collections permanentes, tous les jours sauf le mardi, sur réservation.
Des visites-conférences sont également proposées en anglais, ainsi qu’en langue des signes (L.S.F.) pour les visiteurs malentendants.
Visiteurs individuels (sans réservation) Pour découvrir le musée, les visiteurs peuvent s’aider des cartels, des fiches de salle, du guide de visite (en vente à l’accueil 6 €) et de la mise à disposition d’audio-guides en français, anglais et néerlandais (1,80 €).
Pour plus de renseignements, consultez leur site web.
Consultez cette page sur le site du musée
Musée de la Chartreuse
130 rue des Chartreux
59500 Douai
TL 03 27 71 38 80
FX 03 27 71 38 84
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Ouvert tous les jours de 10h à 12h et de 14h à 18h
Fermeture le mardi et certains jours fériés