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Portrait de la baronne d’Astier de la Vigerie

Après une enfance senlisienne, Thomas Couture (1815-1879) s'installe avec sa famille à Paris en 1826. Il fait preuve d'aptitudes précoces dans l'art du dessin. Après une formation dans l'atelier de Gros, il obtient la seconde place au Prix de Rome en 1837. Il triomphe au Salon de 1847 avec Les Romains de la décadence, composition célèbre encore aujourd'hui qui l'institue chef de file d'une peinture officielle fondée sur l' allégorie et l'histoire (Paris, Musée d'Orsay). Il devient très vite le portraitiste du Tout-Paris.
Cette même année, le baron d'Astier de la Vigerie, amateur d'art et ingénieur des Ponts-et-Chaussées, lui commande le portrait de sa jeune épouse, Marie-Marguerite.

La composition, marquée de neutralité a encore le caractère retenu d'une œuvre de jeunesse. Assise de trois quarts, la figure légèrement tournée vers le spectateur, les mains croisées sur ses genoux, la jeune femme d'une blancheur presque maladive observe l'élégante réserve qui convient aux aristocrates de cette époque. La blancheur de sa carnation atteste de son origine sociale élevée. Le fond uni et lumineux, les chairs, le col et le mouchoir blancs accentuent le contraste avec les tonalités sombres de la robe et de la chevelure de la dame. Les bijoux et le cachemire des Indes qui recouvre le dossier de la chaise apportent une note colorée. De ce portrait émane un sentiment de grande sérénité.


La peinture de Couture est fluide et mince à l'exception de quelques empâtements très localisés (les bijoux, le col, le mouchoir). Un trait assuré cerne les formes. Pour Couture, le dessin « prime sur tout, et […] les qualités de couleur et de lumière ne peuvent lui être que secondaires». En examinant de plus près la toile, on constate que le peintre utilise des filaments de couleurs pures, notamment du rouge, qui font vibrer les carnations. Dans ce portrait, Couture cherche à restituer non seulement une image fidèle de la jeune femme mais aussi à exprimer un idéal esthétique et social. Il fait preuve de sensibilité à l'égard de son modèle, à une époque où le genre du portrait se trouve menacé par l'apparition de la photographie.

Bibl. Thomas Couture, Méthodes et entretiens d'atelier, Paris, 1867, p. 25

Conservation des musées de Senlis
Avec le concours du service éducatif du château de Pierrefonds, Jerôme Jue

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